Encre, Dragonville tome 2

Sylvie rentre à la maison. La sienne, celle que lui a léguée son grand-père, le capitaine Matthews, sur la pointe de l’Ancre. Sylvie a laissé sa Chine derrière elle pour mieux la retrouver en sa terre natale : dans les idéogrammes qui tapissent les murs de sa boutique, dans les porcelaines héritées de son aïeul, dans les yeux de Petit Bouddha. Elle semble avoir atteint un nouvel équilibre et les vertiges que lui causait l’odeur de l’empois ont cessé de la tourmenter. Mais sa tranquillité d’esprit demeure menacée : est-ce son propriétaire M. Lapointe qui lui cherche noise depuis l’ouverture de sa boutique ? Et que signifient les mystérieuses notes laissées par sons grand-père derrière une assiette en porcelaine ? Quant à Li, lorsqu’il pose le pied sur le pont tanguant du RMS Empress of China, il sait que cette traversée vers le Canada lui sera odieuse. Son sort est cruel et son périple tumultueux comme les eaux du Pacifique, mais il ne tardera pas à comprendre que son destin est plus grand que lui.

Encre est un livre du tracé : celui du chemin parcouru, celui de la mappemonde qu’on dessine du bout d’un bâton sur le sable, celui que forment les lettres des Occidentaux et les idéogrammes chinois, étrangers pour les uns, lourds de signification pour les autres. Les liens tissés dans le premier tome de Dragonville se resserrent et forment une grande fresque sino-québécoise.

Éditions Marchand de feuilles, Montréal, 2012, 360 p.

Revue de presse

 La grande traversée

L’épopée Dragonville se poursuit avec Encre, deuxième tome d’une trilogie sino-québécoise signée par la Magogoise Michèle Plomer. 

Porcelaine, premier tome de Dragonville, a permis à Michèle Plomer d’établir un précieux dialogue avec un grand nombre de lecteurs. La bonne fortune lui a souri; le succès fut à la fois public et critique. Tel un biscuit chinois qui détient une belle promesse entre ses parois, sa trilogie intrigue grâce à des personnages tracés finement et à un mystérieux diptyque qui relie la Chine de 1910 au Magog de 2010. Quel est le noeud des destins croisés de Li le beau et Sylvie Matthews?

Dans Encre, porté par l’amour que lui voue un dragon, Li traverse les flots jusqu’au port de Vancouver pour fuir une mort certaine. Un siècle plus tard, Sylvie cumule les découvertes, que ce soit dans sa boutique de la rue Principale ou au Lake House, manoir sur les berges du Memphrémagog où rôde le spectre de son grand-père, le capitaine Matthews. Chacun effectue une difficile traversée, mais ils auront de l’aide. « Certains lecteurs sont complètement amoureux de Jean [le principal allié de Sylvie]. D’autres sont obnubilés par les conseils de Petit Bouddha, ou par le lien possible entre le dragon chinois et Memphré. Et j’en connais certaines qui feraient leurs valises pour aller trouver leur beau Li à Hong Kong. Même si j’ai mes préférences, je suis un peu prise: je dois aller au bout de chacune de mes histoires. » L’auteure, qui partage sa vie entre le Québec et la Chine, s’est tout de même gardé de l’espace pour l’écriture du prochain tome. « Pour que des choses inattendues puissent survenir. » Mais elle nous assure que ce sera le dernier. « Avec tous les personnages à développer, et les lieux, tellement riches, tellement inspirants, mon éditrice m’a demandé si je voulais faire quatre romans, voire cinq… Non. On arrête à trois. »

Le voyage en mer de Li, principale trame d’Encre, relève de cette liberté d’écriture chère à l’auteure. « Je n’avais pas prévu laisser Li sur le bateau tout ce temps, mais j’avais de la difficulté à le faire débarquer rapidement. Par instinct, je m’y attardais. Je crois que je voulais montrer qu’à cette époque, changer de pays, c’était une histoire en soi. Vingt jours sur un bateau, c’est une aventure, un univers. »

« Puisque ça se déroule en 1910, je ne voulais vraiment pas que ça ressemble au film Titanic, poursuit-elle. J’ai fait beaucoup de recherches sur la chambre des machines, sur le recrutement des travailleurs… Je m’intéressais davantage à la cale qu’à la salle à manger. »

D’autres recherches ont porté sur Magog. « Quand je marche avec mon chien sur le bord du lac, les gens m’arrêtent et me demandent de les aider à trouver où sont les lieux du roman. C’est drôle, certains semblent penser que j’habite au Lake House! » Magog est encore plus présent dans le deuxième tome. « J’ai perdu une pudeur que j’avais au début. Il y a des éléments très magogois, comme le chemin de fer, mais ça fait partie du décor de toutes les petites villes industrielles au Québec. »

Dragonville est donc bien ancré dans le réel. Sans être fantastique, rappelons que l’histoire met en scène une créature mythique. Le dragon était très présent dans Porcelaine; il l’est un peu moins dans Encre. « Il fallait séparer Li de son amante. En fait, le dragon prend d’autres formes… » Et il se manifeste de plus en plus en 2010. « Les lecteurs vont comprendre que la protection du dragon s’applique à Sylvie. Mais je le fais tout doucement. Il y a une agréable lenteur. »

Il faut donc de l’espace ainsi que du temps. « Ce sont les deux plus beaux cadeaux. » Sûrement des souvenirs de voyage.

Par Matthieu Petit, VOIR

Les libraires de la librairie Vaugeois aiment… Dragonville 2 – Encre de Michèle Plomer

Souvent, en  tant que libraire, j’ai des coups de foudre littéraires. J’en ai vécu tout un avec HKPQ, le deuxième livre de Michèle Plomer. J’avais adoré me promener dans Hong Kong et surtout, je suis totalement tombée sous le charme de Poissonne, un poisson rouge bien spécial et convoité.

Depuis, j’ai eu la chance de rencontrer l’auteure de ce livre qui m’avait enchantée et surtout de sympathiser avec elle. C’est pourquoi je suis très contente qu’elle revienne nous voir à la librairie le samedi 9 juin prochain de 11h à 12h30. Vous aurez donc la chance vous aussi de rencontrer cette très simple et sympathique auteure. Son énergie vous charmera.

Elle vient nous voir pour souligner la parution d’Encre, le deuxième tome de Dragonville, une trilogie qui relie la Chine de 1910 à la ville de Magog en 2010. D’un côté, on suit Li le beau, soupçonné de meurtre et surtout amoureux d’une dragonne qui sait avoir des allures humaines au besoin, et de l’autre, on suit Sylvie, une femme qui revient vivre au Québec après avoir passé quelques années en Chine et qui a l’intention d’ouvrir une boutique de chinoiseries. Dans ce deuxième tome, Li le beau, pour éviter la prison, se retrouve sur un paquebot en direction du Canada tandis que Sylvie ouvre sa boutique. Chacun de leur côté, ils vivront plusieurs embûches.  Li le beau ne passera pas inaperçu en étant le seul Chinois en première classe. Quelqu’un tentera d’empêcher l’ouverture du magasin de Sylvie en lui mettant des bâtons dans les roues. Même s’ils ne vivent pas dans la même époque, nous sentons un lien très fort entre les deux protagonistes, en particulier dans les pictogrammes chinois ornant la boutique de Sylvie. Mais pour connaître toutes les clés et le lien réel, il faudra attendre le troisième et dernier tome, qui devrait sortir au printemps 2013.

En attendant, n’hésitez surtout pas à venir à la librairie pour rencontrer Michèle Plomer. Cette femme dynamique sait bien communiquer la passion pour son sujet, et qui sait, elle révèlera peut-être des indices à propos de l’ultime tome de sa trilogie. Et, comme elle revient de la Chine, elle partagera peut-être des souvenirs de voyage avec nous.  C’est un rendez-vous, ce samedi dès 11h!

Par Marie-Hélène Vaugeois