Empois, Dragonville tome 3

On tente toujours la chance quand on s’aventure sur la glace. Dans son village qui ressemble à une peinture à numéro, Sylvie aux prises avec un furieux adversaire doit choisir à qui elle peut faire confiance. Lors d’un séjour en Chine elle fait une mystérieuse découverte qui aura d’étonnantes répercussions sur sa vie. De son côté, Li est en danger dans cet Occident qui ondule de montagnes verdoyantes. Sur les murs de la blanchisserie où ses collègues dorment sur des planches à repasser, il poursuit son œuvre en manifestant son amour pour Lung qui ne vit que pour le protéger.

Empois est un roman qui infuse chez le lecteur un savoir au sujet de l’amour et de la générosité. Un roman qui nous aide à jauger le poids du désir avec celui de la procréation, mais surtout qui nous guide sur le chemin de la chance.

Éditions Marchand de feuilles, Montréal, 2013, 318 p.

Revue de presse

AMOUR ET ESPOIR

Quand Michèle Plomer regarde sa trilogie reliée en un seul volume, elle sourit de contentement, satisfaite du travail accompli. « Je voulais vraiment raconter une histoire d’amour qui donne confiance en la vie. Et sans prétention, je crois que je suis arrivée à mes fins. »

Certains écrivains sont là pour nourrir l’intellect ou pour montrer le côté sombre de l’humanité. Michèle Plomer ne s’en cache pas : là n’est pas son rôle. Roman d’amour qui survole les océans, Dragonville se termine en apothéose dans Empois, sa dernière partie.

« Je voulais faire une grosse saga romanesque, une nourriture pour le cœur. Dans cette société qui est difficile, où on court toujours, Dragonville nous montre que l’amour peut transgresser le temps, et même la mort. »

C’est la quête d’immortalité des philosophies orientales qui l’a inspirée, dit l’auteure qui a fait plusieurs longs séjours en Chine, où elle a travaillé et a bâti des amitiés solides. « Les Chinois n’ont pas de deuxième chance comme nous. Ce qu’ils veulent, c’est vivre à fond, et étirer cette vie le plus longtemps possible. Ils n’ont pas ce sens de la culpabilité qu’on a. »

Forte de son expérience chinoise, Michèle Plomer estime que chaque culture a quelque chose à apporter à l’autre, tant dans les valeurs que dans les façons de faire. « Ce livre, c’est pour montrer comment l’Est et l’Ouest peuvent se rencontrer, se mélanger, cohabiter et se transmettre des parcelles de sagesse. »

Secrets de famille

Dans Empois, les histoires d’amour qui avaient été mises en place dans les deux précédentes parties connaissent leur crescendo. Et Dragonville est aussi une saga familiale, avec ses non-dits, ses mystères et ses tabous qui sont révélés peu à peu aux lecteurs.

« Je trouvais intéressant de mettre en scène un grand-père avec un secret et les répercussions que ça a sur sa petite-fille deux générations plus tard.

« Et surtout, que cet impact ne soit pas négatif, contrairement à tous ces livres, très bons, où un secret familial est lourd à porter et met les personnages dans des situations malheureuses. Un secret peut avoir des conséquences formidables et inespérées ! La maison est souvent associée aux fantômes familiaux, mais on peut aussi y trouver les clés pour notre bonheur. »

La vie est pleine de promesses, dit Michèle Plomer en souriant. Elle ajoute qu’un des éléments importants de Dragonville est la chance, qu’il faut savoir saisir quand elle passe, quelle que soit sa forme. Quand elle raconte son été de recherche pour le livre qu’elle vient de commencer à écrire, qui portera sur les explorateurs botaniques – « des sautés de l’époque victorienne » – et les répercussions de leurs découvertes sur des jardins québécois, elle convient avec émotion de sa propre chance.

« J’ai la possibilité de passer du temps avec les choses qui me passionnent. Je suis vraiment reconnaissante aux lecteurs, et à tout le monde, de m’avoir accompagnée dans l’aventure Dragonville. »

Et est-ce que le prochain livre sera aussi long ? Probablement – « Je dois aux acteurs de ces événements de ne pas le faire vite, ni en vignettes » – , mais pas en tomes. « Je suis la première à aimer m’installer avec un gros livre. Ça ne veut pas dire que j’écrirai toujours ce type de roman, mais pour le prochain, ça s’enligne pour ça… »

 Josée Lapointe, LA PRESSE +, 10 novembre 2013.